Le retour se fit après la chute du soleil derrière l’horizon — un silencieux retour enchanté par un ciel de corail et d’or calciné. La barque glissait aisément sur l’eau presque étale, entraînée par les avirons qui berçaient des huiles merveilleuses.
Élisabeth regardait, au-dessus d’un bouquet d’arbres en velours noir, vu à contre-jour, une frêle étoile suspendue dans le bleu nocturne. Puis une autre pointa, plus petite encore, atome d’azur, qui lui rappela l’ami perdu dans la grande ville, s’efforçant de jeter sa mince lumière. Une prière profonde montait dans son âme, élevée vers Dieu qui voit toute peine, connaît seul l’envers éclatant de nos destinées et s’en sert pour enrichir mystérieusement la beauté du monde et du ciel.
La petite barque qui glissait sur des reflets d’or vert de plus en plus pâles entra doucement dans la pénombre.
Paris, janvier-juin 1923.
FIN
Cet ouvrage a été achevé d’imprimer par
Plon-Nourrit et Cie,
à Paris, le 17 octobre 1923.