Elle lui montra les greniers qui s’étendaient au-dessus du chai et lui demanda s’il voudrait bien engranger son foin. Pouley objecta que c’était beaucoup de travail, en homme qui sent la partie gagnée et grossit les difficultés. Il ne cédait que pied à pied, posant sans cesse d’autres conditions, demandant que la charrette lui fût prêtée, puis un câble pour corder les charges, et encore la faucheuse, la faneuse et la ratissoire.
—Mais si vous les cassez?
Il eut un sourire; et prenant l’air que doit avoir un homme capable:
—Il y a beau temps que ça me connaît.
Il insinua:
—Vous me donnerez bien l’hiver le pacage. S’il n’y a pas de bêtes pour tondre l’herbe, elle ne pousse plus. C’est comme cela que les prés se perdent.
Elle hésitait, redoutant la saison pluvieuse où les bêtes s’embourbent dans les terres grasses, et inquiète aussi dans le fond, craignant d’être dupe:
—C’est pour cette année seulement. L’été prochain, je verrai ce que j’ai à faire.
Il partit enfin, la figure dilatée de joie.