—Cela changera au prochain quartier, ou à la pleine lune.

Mais, au fond, ils ne doutaient pas que tout fût ainsi jusqu’à «l’autre lune».

Paule, enveloppée d’un grand manteau, les cheveux emperlés d’eau sous son capuchon, les interrogeait:

—Vous croyez qu’il n’y aura pas une éclaircie?

Ils ne se prononçaient pas, sans toutefois la décourager:

—A la marée peut-être, si le vent tournait...

On regardait la fumée qui montait des tuyaux d’usine... ouest... toujours. Le vent ne tournait pas. Paule entendait dans le jardin passer les sabots; les pêcheurs mettaient des surouëts jaunes et de grandes bottes en caoutchouc; les poules étaient de lamentables paquets de plume mouillée.

Le journal disait: «Temps incertain. Une dépression qui va s’étendre.»

Le gros souci était qu’il fît beau pour la Saint-Médard: s’il pleuvait, on serait sous l’eau pour quarante jours. Précisément, ce matin-là, ce fut un déluge. Alors on mit son espoir en saint Barnabé. Les travaux étaient en retard, les vignes non liées croulaient dans les rangs, des maladies blanchissaient les grappes, et c’était un cauchemar que celui de la récolte déjà compromise. Il aurait fallu soufrer, sulfater. Les foins se couchaient. Louisa répétait sans cesse à Paule qu’elle allait tout perdre.

Le jour où Délicat Pouley la trouva ainsi lasse, découragée, il vit que l’affaire était à lui.