Août amenait des chaleurs torrides. Le soleil de midi blanchissait le ciel; une buée aveuglante tremblait sur les vignes. Jusqu’à trois heures, la campagne était vide, les volets fermés. Les gens se lamentaient sur les puits taris. On trouvait dans les basses-cours des poules crevées.
Dès qu’on entrait dans une cuisine, un nuage de mouches vous enveloppait.
Le soir, la terre et les murs dégageaient une si épaisse chaleur que l’on étouffait encore à la respirer; on apercevait des gens couchés au bord de l’eau, cherchant la fraîcheur. Parfois, un orage lentement amassé éclatait enfin.
Paule commençait à se sentir lasse.
Pouley, qui avait pour elle des prévenances, arriva un matin avec un grand panier fermé. Il lui apportait un petit chien qu’un maquignon de ses amis lui avait donné.
C’était un fox d’écurie, au poil assez fin, à la queue coupée. Il avait de beaux yeux d’agate dans des taches de poil noir et feu qui semblaient tracées au pinceau. Une raie blanche les séparait au milieu de la tête.
Le panier ouvert, dès qu’elle le vit, avec son museau frais, sa petite truffe noire, point effrayé du tout, sautant, aboyant, elle eut un mouvement de plaisir:
—Il est bien gentil. Comment s’appelle-t-il?
Pouley, souriant, ne savait pas.
Elle l’avait appelé Boli.