Il était extrêmement vif, rapide à la course, et jetait le désordre dans la volaille. On le voyait passer comme une flèche blanche, poursuivant le chat. Son compère niché sur un arbre, il sautait au-dessous indéfiniment, aboyant à en perdre haleine.
Paule était sans cesse occupée à le retrouver. On l’entendait appeler:
—Boli... Boli...
Il reparaissait deux ou trois secondes.
Avec lui, il n’y avait pas moyen de causer ni de s’arrêter. Le temps de tourner la tête, on ne savait plus où il était. Elle frappait dans ses mains:
—Voyons, Boli, tu es insupportable!
Il sortait au petit galop d’un chemin, d’un chai, le nez toujours au vent, affairé.
Tout de suite, il s’était attaché à elle, la tyrannisant: pendant les repas, il écorchait sa robe de ses ongles rudes; quand elle se préparait à sortir, il la surveillait, couché en rond dans un fauteuil; si elle le laissait, c’étaient des regards à fendre le cœur: puis, quand elle rentrait, des aboiements, des colères folles.
La nuit, il sautait sur son lit, lui flairait le visage pour voir si elle n’était pas encore éveillée. Quand la chaleur était étouffante, il changeait de place, se jetait sur le parquet étendu à plat, essayait d’un fauteuil, d’un autre et poussait de petites plaintes vers la fenêtre.
Parfois, elle le retenait sur ses genoux, lui prenait la tête entre ses deux mains, et l’étouffait de grands baisers tristes: