Je fus enchanté de cette lettre. «Monsieur, me dit la femme intelligente qui me l'apportoit, Justine est la femme de chambre de madame la marquise de B…, et, si mademoiselle le veut bien, je serai la sienne aujourd'hui et demain. Au reste, monsieur ou mademoiselle peut également se fier à moi; quand Mlle Justine et Mme Dutour se mêlent d'une intrigue, elles ne la gâtent pas; c'est pour cela qu'on m'a choisie.—Fort bien, lui dis-je, Madame Dutour, je vois que vous êtes instruite, vous m'accompagnerez tantôt chez la marquise.» J'offris à ma duègne un double louis qu'elle accepta. «Ce n'est pas qu'on ne m'ait déjà bien payée, me dit-elle; mais monsieur doit savoir que les gens de ma profession reçoivent toujours des deux côtés.»

Dès que le baron eut dîné, il partit pour l'Opéra, suivant sa coutume. Mon coiffeur étoit averti: un panache blanc fut mis à la place du petit chapeau. Mme Dutour me revêtit parfaitement du charmant habit de bal que Mme de B… m'envoyoit, et qui m'alloit merveilleusement bien; ma ressemblance avec Adélaïde devenoit plus frappante; mon gouverneur ému redoubloit pour moi d'attentions et de soins. Je pris des gants, un éventail, un gros bouquet; je volai au rendez-vous que la marquise m'avoit donné.

Je la trouvai dans son boudoir, mollement couchée sur une ottomane: un déshabillé galant paroit ses charmes au lieu de les cacher. Elle se leva dès qu'elle m'aperçut. «Qu'elle est jolie dans cet équipage, Mlle Duportail! que cette robe lui sied bien!» et, dès que la porte se fut fermée: «Que vous êtes charmant, mon cher Faublas! que votre exactitude me flatte! Mon cœur me disoit bien que vous trouveriez le moyen de me venir joindre ici malgré vos deux pères.» Je ne lui répondis que par mes vives caresses; et, la forçant de reprendre l'attitude qu'elle avoit quittée pour me recevoir, je lui prouvois déjà que ses leçons n'étoient pas oubliées, lorsque nous entendîmes du bruit dans la pièce voisine. Tremblant d'être surpris dans une situation qui n'étoit pas équivoque, je me relevai brusquement, et, grâce à mes habits très commodes, je n'eus besoin que de changer de posture pour que mon désordre fût réparé. La marquise, sans paroître troublée, ne rétablit que ce qui pressoit le plus: tout cela fut l'affaire d'un moment. La porte s'ouvrit; c'étoit le marquis. «Je comprenois bien, lui dit-elle, Monsieur, qu'il n'y avoit que vous qui puissiez entrer ainsi chez moi sans vous faire annoncer; mais je croyois qu'au moins vous frapperiez à cette porte avant de l'ouvrir: cette chère enfant avoit des inquiétudes secrètes à confier à sa maman; un moment plus tôt vous la surpreniez!… On n'entre pas ainsi chez des femmes!—Bon! reprit le marquis, je la surprenois! Eh bien! je ne l'ai point surprise, ainsi il n'y a pas tant de mal à tout cela; d'ailleurs, je suis bien sûr que cette chère enfant me le pardonne: elle est plus indulgente que vous; mais convenez que son père a bien raison de ne pas vouloir qu'elle porte cet habit d'amazone, elle est à croquer comme la voilà!»

Il reprit avec moi ce mauvais ton de galanterie qui nous avoit déjà tant amusés; il trouva que j'étois parfaitement bien remise, que j'avois les yeux brillans, le teint fort animé, et même quelque chose d'extraordinaire et d'un très bon augure dans la physionomie. Ensuite il nous dit: «Belles dames, vous allez au bal aujourd'hui?» La marquise répondit que non. «Vous vous moquez de moi, je suis revenu tout exprès pour vous y conduire.—Je vous assure que je n'irai pas.—Hé! pourquoi donc? ce matin vous disiez…—Je disois que j'y pourrois aller par complaisance pour Mlle Duportail; mais elle ne s'en soucie pas; elle craint de retrouver là le comte de Rosambert, qui s'est fort mal comporté la dernière fois.» J'interrompis la marquise. «Certainement son procédé avec moi est assez malhonnête pour que désormais je craigne de le rencontrer autant que je me plaisois autrefois à me trouver avec lui.—Vous avez raison, me dit le marquis: le comte est un de ces petits merveilleux qui croient qu'une femme n'a des yeux que pour eux; il est bon que ces messieurs apprennent quelquefois qu'il y a dans le monde des gens qui les valent bien…» Je compris son idée, et, pour justifier ses propos, je lui lançai à la dérobée un coup d'œil expressif… «Et qui valent peut-être mieux», ajouta-t-il aussitôt en renforçant sa voix, en s'élevant sur la pointe du pied, et en prenant son élan pour faire une lourde pirouette qu'il acheva très malheureusement. Sa tête alla frapper contre la boiserie trop dure, qui ne lui épargna une chute pesante qu'en lui faisant au front une large meurtrissure. Honteux de son malheur, mais voulant le dissimuler, il parut insensible à la douleur qu'il ressentoit. «Charmante enfant, me dit-il avec plus de sang-froid, mais en faisant de temps en temps de laides grimaces qui le trahissoient, vous avez raison d'éviter le comte; mais n'ayez pas peur de le rencontrer ce soir. Il y a bal masqué: la marquise a justement deux dominos; elle vous en prêtera un, elle prendra l'autre; nous irons au bal, vous reviendrez souper avec nous; et, si vous n'avez pas été trop mal couchée avant-hier…—Ho! oui, cela sera charmant! m'écriai-je avec plus de vivacité que de prudence; allons au bal.—Avec mes dominos que le comte connoît? interrompit la marquise plus réfléchie que moi.—Eh! oui, Madame, avec vos dominos. Il faut donner à cette enfant le plaisir du bal masqué, elle n'a jamais vu cela; le comte ne vous reconnoîtra pas, il n'y sera peut-être pas même.» La marquise paroissoit incertaine; je la voyois balancer entre le désir de me garder encore la nuit prochaine et la crainte d'aller, en présence du marquis, s'offrir aux sarcasmes du comte. «Pour moi, reprit d'un ton mystérieux le commode mari, je vous y conduirai bien; mais j'ai quelques affaires, je ne pourrai pas rester avec vous; je vous laisserai là, pour revenir à minuit vous chercher.» Cette raison du marquis, plus que toutes ses instances, détermina la marquise; elle refusa quelque temps encore, mais d'un ton qui m'annonçoit assez qu'il falloit la presser et qu'elle alloit consentir.

Cependant la contusion que le marquis s'étoit faite devenoit plus apparente, et sa bosse grossissoit à vue d'œil. Je lui demandai d'un air étonné ce qu'il avoit au front; il y porta la main. «Ce n'est rien, me dit-il avec un rire forcé; quand on est marié, on est exposé à ces accidens-là.» Je me souvins du supplice qu'il m'avoit fait éprouver quand ma main étoit dans les siennes, et, résolu de me venger, je tirai de ma bourse une pièce de monnoie, je la lui appliquai sur le front, et me voilà serrant de toutes mes forces pour aplatir la bosse. Le patient pressoit ses flancs de ses poings fermés, grinçoit des dents, souffloit douloureusement et faisoit d'horribles contorsions. «Elle a, dit-il avec peine, elle a de la vigueur dans le poignet.» Je redoublai d'efforts; il fit enfin un cri terrible, et, m'échappant avec violence, il seroit tombé à la renverse, si je ne l'avois promptement retenu. «Ah! la petite diablesse! elle m'a presque ouvert le crâne.—La petite espiègle l'a fait exprès, dit la marquise, qui se contraignoit beaucoup pour ne pas rire.—Vous croyez qu'elle l'a fait exprès? Hé bien, je vais l'embrasser pour la punir.—Pour me punir, soit.» Je présentai la joue de bonne grâce; il se crut le plus heureux des hommes: si j'avois voulu l'écouter, je n'aurois cessé de mettre, au même prix, son courage à l'épreuve.

«Finissons ces folies, dit la marquise en affectant un peu d'humeur, et pensons à ce bal, puisqu'il y faut aller.—Ho! madame se fâche! répondit le marquis; soyons sages, me dit-il tout bas, il y a un peu de jalousie.» Il nous regarda d'un air de satisfaction. «Vous vous aimez bien toutes les deux, poursuivit-il; mais si vous alliez vous brouiller un jour à cause de moi!… cela seroit bien singulier!…—Allons-nous au bal, ou n'y allons-nous pas?» interrompit la marquise. Elle se mit à sa toilette: on lui apporta ses dominos, qu'elle ne voulut point mettre; elle en envoya chercher deux autres dont nous nous affublâmes gaiement. «Vous connoissez le mien, dit le marquis, je le prendrai pour vous aller chercher; je ne crains pas d'être reconnu, moi!» Il nous conduisit au bal, et nous promit de revenir à minuit précis.

Dès que nous parûmes à la porte de la salle, la foule des masques nous environna: on nous examina curieusement, on nous fit danser; mes yeux furent d'abord agréablement flattés de la nouveauté du spectacle. Les habits élégans, les riches parures, la singularité des costumes grotesques, la laideur même des travestissemens baroques, la bizarre représentation de tous ces visages cartonnés et peints, le mélange des couleurs, le murmure de cent voix confondues, la multitude des objets, leur mouvement perpétuel, qui varioit sans cesse le tableau en l'animant, tout se réunit pour surprendre mon attention bientôt lassée. Quelques nouveaux masques étant entrés, la contredanse fut interrompue, et la marquise, profitant du moment, se mêla dans la foule; je la suivis en silence, curieux d'examiner la scène en détail. Je ne tardai pas à m'apercevoir que chacun des acteurs s'occupoit beaucoup à ne rien faire, et bavardoit prodigieusement sans rien dire. On se cherchoit avec empressement, on s'observoit avec inquiétude, on se joignoit avec familiarité, on se quittoit sans savoir pourquoi; l'instant d'après on se reprenoit de même en ricanant. L'un vous étourdissoit du bruyant éclat de sa voix glapissante; l'autre, d'un ton nasillard, bredouilloit cent platitudes qu'à peine il comprenoit lui-même; celui-ci balbutioit un bon mot grossier qu'il accompagnoit de gestes ridicules; celui-là faisoit une question sotte, à laquelle on répondoit par une plus sotte plaisanterie. Je vis pourtant des gens cruellement tourmentés, qui certainement auroient acheté bien chèrement l'avantage d'échapper aux propos malins, aux regards persécuteurs. J'en vis d'autres bien ennuyés, dont apparemment l'objet principal avoit été de passer la nuit au bal, de quelque manière que ce fût, et qui n'y restoient sans doute que pour se ménager la petite consolation d'assurer le lendemain qu'ils s'étoient beaucoup amusés la veille. «Voilà donc ce que c'est qu'un bal masqué! dis-je à la marquise; ce n'est donc que cela? Je ne suis pas étonné qu'ici de braves gens puissent être bafoués par des faquins, et des gens d'esprit mystifiés par des sots; je ne resterois sûrement pas, si je n'étois point avec vous.—Taisez-vous, me répondit-elle, nous sommes suivis, et peut-être reconnus; ne voyez-vous pas le masque qui s'attache à nos pas? Je crains bien que ce ne soit le comte; sortons de la foule et ne vous étonnez pas.»

C'étoit en effet M. de Rosambert; nous n'eûmes pas de peine à le reconnoître: car, ne prenant pas même celle de déguiser sa voix, il eut seulement l'attention de parler assez bas pour qu'il n'y eût que la marquise et moi qui pussions l'entendre. «Comment se portent madame la marquise et sa belle amie?» nous demanda-t-il avec un intérêt affecté. Je n'osois répondre. La marquise, sentant qu'il seroit inutile d'essayer de lui faire croire qu'il se trompoit, aima mieux soutenir une conversation délicate, qu'elle auroit peut-être heureusement terminée par son adresse, si le comte eût été moins instruit. «Quoi! c'est vous, Monsieur le comte? Vous m'avez reconnue? Cela m'étonne! je croyois que vous aviez juré de ne plus me voir et de ne me parler jamais.—Il est vrai que je vous l'avois promis, Madame, et je sais combien cette assurance que je vous ai donnée vous a mise à votre aise.—Je ne vous entends pas, et vous m'entendez mal; si je ne voulois pas vous voir, qui me forceroit à vous parler? pourquoi serois-je venue ici chercher votre rencontre?—Chercher ma rencontre, Madame! quoique l'aveu soit très flatteur, je conviens que j'aurois eu peut-être la sottise de le croire sincère, si cette chère enfant que voilà…—Monsieur, interrompit la marquise, n'avez-vous pas amené la comtesse?… Elle est très aimable, la comtesse!… qu'en dites-vous?—Je dis, Madame, qu'elle est surtout très officieuse!…» La marquise l'interrompit encore en jouant le dépit. «Elle est très aimable, la comtesse!… Monsieur, vous auriez dû l'amener…—Oui, Madame, et vous lui auriez apparemment encore confié l'honnête emploi qu'elle a si généreusement accepté, si complaisamment rempli?—Quoi! c'est peut-être moi qui l'ai chargée de vous occuper toute la soirée, de vous engager à me faire une mauvaise querelle, à me répéter cent fois une maussade plaisanterie, à me pousser à bout, enfin, de manière que je sois forcée de vous dire des choses désagréables, que vous n'avez pas manqué de prendre à la lettre, et dont je me serois repentie, si vous étiez venu hier, comme je l'espérois, solliciter votre pardon?—Mon pardon! vous me l'auriez accordé, Madame! Ah! que vous êtes généreuse! Mais soyez tranquille, je n'abuserai pas de tant de bontés, je craindrois trop de vous embarrasser beaucoup, et de faire aussi bien de la peine à ma jeune parente, qui nous écoute si attentivement, et qui a de si bonnes raisons pour ne rien dire.—Hé! Monsieur, lui répliquai-je aussitôt, que pourrois-je vous dire!—Rien, rien que je ne sache ou que je ne devine.—Je conviens, Monsieur de Rosambert, que vous savez quelque chose que madame ne sait pas; mais, ajoutai-je en affectant de lui parler bas, ayez donc un peu plus de discrétion; la marquise n'a pas voulu vous croire avant-hier; que vous coûte-t-il de lui laisser seulement encore aujourd'hui une erreur qui ne laisse pas d'être piquante?—Fort bien, s'écria-t-il, la tournure n'est pas maladroite! Vous, si novice avant-hier! aujourd'hui si manégé! Il faut que vous ayez reçu de bien bonnes leçons.—Que dites-vous donc, Monsieur? reprit la marquise un peu piquée.—Je dis, Madame, que ma jeune parente a beaucoup avancé en vingt-quatre heures; mais je n'en suis pas étonné, on sait comment l'esprit vient aux filles.—Vous nous faites donc la grâce de convenir enfin que Mlle Duportail est de son sexe!—Je ne m'aviserai plus de le nier, Madame; je sens combien il seroit cruel pour vous d'être détrompée. Perdre une bonne amie! et ne trouver à sa place qu'un jeune serviteur! la douleur seroit trop amère.—Ce que vous dites là est tout à fait raisonnable, répliqua la marquise avec une impatience mal déguisée; mais le ton dont vous le dites est si singulier! Expliquez-vous, Monsieur; cette enfant, que vous m'avez présentée vous-même comme votre parente, est-elle (en parlant très bas) Mlle Duportail ou M. de Faublas? Vous me forcez à vous faire une question bien extraordinaire; mais enfin, dites sérieusement ce qu'il en est.—Ce qu'il en est, Madame, je pouvois hasarder de le dire avant-hier; mais aujourd'hui c'est à moi à vous le demander.—Moi! répondit-elle sans se déconcerter, je n'ai là-dessus aucune espèce de doute. Son air, ses traits, son maintien, ses discours, tout me dit qu'elle est Mlle Duportail, et d'ailleurs j'en ai des preuves que je n'ai pas cherchées.—Des preuves!—Oui, Monsieur, des preuves; elle a soupé chez moi avant-hier…—Je le sais bien, Madame, et même elle étoit encore chez vous hier à dix heures du matin.—A dix heures du matin, soit; mais enfin nous l'avons reconduite chez elle.—Chez elle! faubourg Saint-Germain?—Non, près de l'Arsenal. Et monsieur son père…—Son père? le baron de Faublas?—Mais point du tout, M. Duportail… M. Duportail nous a beaucoup remerciés, le marquis et moi, de lui avoir ramené sa fille.—Le marquis et vous, Madame? Quoi! le marquis vous a accompagnés chez M. Duportail?—Oui, Monsieur; qu'y a-t-il de si étonnant à cela?—Et M. Duportail a remercié le marquis?—Oui, Monsieur.»

Ici le comte partit d'un éclat de rire. «Ah! le bon mari! s'écria-t-il tout haut; l'aventure est excellente. Ah! l'honnête homme de mari!» Il se préparoit à nous quitter. Je crus qu'il falloit, pour l'intérêt de la marquise et pour le mien propre, essayer de modérer son excessive gaieté. «Monsieur, lui dis-je en baissant la voix, ne pourroit-on pas avoir avec vous une explication plus sérieuse?» Il me regarda en riant. «Une explication sérieuse entre nous, ce soir, ma chère parente? (Il souleva un peu mon masque.) Non, vous êtes trop jolie, je vous laisse aimer et plaire; d'ailleurs, il est juste que je profite aujourd'hui de mes avantages; l'explication sera pour demain, si vous le voulez bien.—Pour demain, Monsieur? à quelle heure, et dans quel endroit?—L'heure, je ne saurois vous la fixer, cela dépendra des circonstances. N'allez-vous pas souper chez la marquise? Demain il sera peut-être midi quand le très commode marquis vous reconduira chez le très complaisant M. Duportail; vous serez probablement fatigué, je ne veux point user d'un tel avantage, il faudra vous laisser le temps de vous reposer; je passerai chez vous dans la soirée. Je ne vous dis point adieu, j'aurai le plaisir de vous revoir une fois encore avant que l'heure du berger sonne pour vous.» Il nous salua et sortit de la salle.

La marquise fut très contente de son départ. «Il nous a porté de rudes coups, me dit-elle; mais nous ne pouvions guère nous défendre mieux.» Je lui observai que le comte avait eu l'attention de baisser la voix chaque fois qu'il lui avoit lancé quelque vive épigramme, et qu'ayant seulement l'intention de nous tourmenter beaucoup, il avoit paru du moins ne la vouloir pas compromettre jusqu'à un certain point. «Je ne m'y fie pas, me répondit-elle: il sait que vous avez passé la nuit chez moi; il est piqué; le retour qu'il vous annonce n'est pas d'un bon augure, sans doute il nous prépare une attaque plus forte. Partons, ne l'attendons pas, n'attendons pas le marquis.»