LE DERNIER ARCHER

Malgré l'ordre de notre chef,
J'ai regardé, d'un coup d'œil bref,
Et j'ai vu—Je l'ai vu, vous dis-je:
Un collier d'or splendide et rond
Flotter au-dessus de son front,
Par l'effet d'un divin prodige...
Sa tête était penchée ainsi,
Et le beau collier d'or aussi,
Et quelque chose en moi s'éveille!
Et toujours, toujours je le vois,
Et j'entends une étrange voix,
Une voix neuve à mon oreille.
Et la voix me dit: Il fait pur!
Joue à la balle contre un mur!
Rêve au balcon de la fenêtre!
Danse autour du joyeux bassin!
Tu viens de faire un nouveau saint,
Car saint Sébastien vient de naître!


[LES STANCES DE SEPTEMBRE]

Cette cage m'est hostile
Car j'ai la voix mélodieuse...
Je veux partir vers les jardins célestes
Puisque je suis un rossignol
Des bosquets du paradis.

HAFIZ.


I

Bétail silencieux des célestes prairies,
Nuages assemblés!
En route on ne sait pas vers quelles métairies...
Et quels suaves blés...
Je vous regarde au soir dans le ciel de Septembre
Partir en longs troupeaux;
Et vos chemins déserts versent jusqu'à ma chambre
Un pastoral repos.