Toi qui m'as fait si mal, je ne peux plus me taire;
C'est la chaude saison.
Que fais-tu? Où vis-tu? Sur quel lambeau de terre,
Et dans quelle maison?
Je regarde mes mains où la forme demeure
De tes tièdes genoux;
Et respire en pleurant le mois, le jour et l'heure,
Qui sont pareils pour nous.
VI
Après la mort on ne voit rien qui plaise.
RONSARD.
Chaque instant que je vis marque un pas de ma course,
Vers mon tombeau certain;
Il est court le chemin de la mer à la source,
Et du soir au matin!
Je pense avec horreur à cette porte étroite,
Où rit le bel Archer;
Et je regarde à gauche, et je regarde à droite.
Et n'ose plus marcher!
VII
Dans ces jours sans éclat, ô Byron, je t'envie,
Avec ta jeune mort!
La nef éblouissante où tu voguas ta vie,
Fait oublier ce port.
Qu'importe la terrible et dernière seconde,
Où s'arrête le sang,
Lorsqu'on est reconnu plus beau que tout le monde,
Plus noble et plus puissant!