VIII
Et celui-là qui sculpte, et celui-là qui chante,
Et celui-là qui peint,
Je voudrais tous les être à cette heure touchante,
Où sombre le sapin.
Praxitèle! Chopin! Manet! Je vous envie,
Si distants et si beaux...
Et la bercelonnette où me berce la vie,
Penche sur vos tombeaux.
IX
Vous étiez mon reflet, mon double et ma complice,
Mon rocher et mon eau,
Et je vous souriais comme le dur Narcisse,
À la docile Écho.
Vous pensiez: «C'est par moi qu'il est tendre ou lyrique,
Je sais plus qu'il ne sait!»
Mais un jour mon orgueil a dansé la Pyrrhique!
... Vous n'avez pas dansé.
X
Vingt fois l'été fébrile a précédé l'automne
Que l'hiver a suivi;
Et vingt fois le printemps qui s'éveille et s'étonne,
M'a tendrement ravi.
Combien de fois encor, combien de fois verrai-je,
Ces torpeurs, ces éveils?
Ce pompeux, immuable et célèbre cortège,
Et ses quatre soleils?