Respire à ton matin la rose épanouie,
Au jardin des parents;
Les rosiers de plus tard, au centre de la vie,
Seront moins apparents.
Crédule et chaque fois trompé dans ton délice,
Et chaque fois rôdeur,
Tu trouveras des fleurs... mais jamais ce calice,
Et jamais cette odeur.


XII

Ne sens-tu pas la chute et sa croissante étreinte,
Et son vol vertical?
Ils sont loin maintenant le haineux Labyrinthe,
Et l'azur amical.
Le soleil a déjà fondu tes ailes promptes,
Pour ton échec amer;
Et ce ciel délectable où tu crois que tu montes,
C'est le ciel dans la mer!


XIII

Jeunes gens que l'espoir emplit d'un cher malaise,
Jeunes femmes rêvant,
Ô vous, sans rien de vif qui vous peine ou vous plaise,
Rien après... rien avant!
Mon livre tout à coup fera frémir des ailes,
Entre vos doigts nerveux;
Et vous serez émus, et vous rêverez d'elles,
Et vous rêverez d'eux.


[À MON LIVRE]

Pren mon livre, pren cœur.