Stopwell, avec une adresse de tricheur, se détourna et montra sa figure rhabillée, un masque neuf, maintenu par une cigarette.

En somme, Jacques n'était pas aimé de Petitcopain qui lui enviait les fausses bonnes grâces de Stopwell. Stopwell le détestait et donnait le change. Bachtarzi lui gardait rancune d'être entré pendant qu'il respirait l'éther. Maricelles les méprisait tous, en bloc.

Restait le ménage Berlin.

Un mot juste de Jacques allumait parfois l'œil du professeur, à table, et Mme Berlin, chargée par son mari des fonctions de surveillante, s'attardait surtout dans sa chambre. Elle ne trouvait pas Stopwell «galant». L'Arabe lui «faisait peur». Les autres étaient des mioches.

Un samedi soir où tous les élèves étaient sortis, soit dans leur famille, soit au théâtre, Jacques, ayant mal à la gorge, resta seul sur l'étage. Mme Berlin lui monta de la tisane, lui tâta les tempes et le pouls. Jacques s'aperçut vite que la patronne accomplissait la manœuvre de Stopwell; mais cette fois, au lieu que la froideur suffît à éteindre le feu, elle l'activait, et insensiblement Mme Berlin abandonnait son rôle de seconde mère.

Jacques feignait de n'y rien comprendre et, toussant, poussant les plaintes d'un malade qui cherche le repos, voyait entre les cils Mme Berlin, son esprit dérangé par le désir, comme, à droite, à gauche, son ombre par la bougie, contre les cloisons de la chambre.

Enfin, avec une poigne étonnante, elle lui entraîna la main.

—Jacques! Jacques! murmura-t-elle alors, que faites-vous?

Un bruit de porte cochère le sauva. Mme Berlin lâcha prise, se rajusta, s'envola.

Mahieddine rentrait du théâtre. Jacques l'entendit qui sifflait un refrain à la mode. Il se trompait et recommençait la faute.