Ce jouisseur dont les pieds marchent solidement sur le plancher des vaches, ce critique des paysages et des œuvres tient à la terre par un fil.

Il est lourd comme le scaphandrier.

Jacques pioche au fond. Il le devine. Il y a pris ses habitudes. On ne le remonte pas à la surface. On l'a oublié. Remonter, quitter le casque et le costume, c'est le passage de la vie à la mort. Mais il lui arrive par le tube un souffle irréel qui le fait vivre et le comble de nostalgie.

Jacques vit aux prises avec une longue syncope. Il ne se sent pas stable. Il ne fonde pas, sauf par jeu. À peine s'il ose s'asseoir. Il est de ces marins qui ne peuvent guérir du mal de mer.

Enfin, la beauté strictement physique affiche une façon arrogante d'être partout chez soi. Jacques, en exil, la convoite. Moins elle est aimable, plus elle l'émeut; son destin étant de s'y blesser toujours.

Il voit un bal derrière des vitres: cette race aux papiers en règle, joyeuse de vivre, habitant son vrai élément et se passant de scaphandres.

Donc, sur les figures sans douceur, il amassera du songe.

Voilà ce que dénoncerait au graphologue idéal l'écriture de Jacques Forestier, qui se regarde maintenant dans une armoire à glace.

Ne vous y trompez pas. Nous venons de peindre Jacques de face, mais ici même son caractère ne se dessine encore que de profil; c'est pourquoi nous parlons d'un graphologue idéal. Il faudrait qu'en dénouant des jambages, il dénouât toute la ligne d'une vie. Jacques deviendra l'homme qui précède à cause, en partie, de ce qui va suivre; et il lui arrivera ce qui va suivre, en partie à cause de ce qui précède.

Les objets, les atomes prennent leur rôle au sérieux. Si cette glace était distraite, sans doute Jacques pourrait-il entrer une jambe, puis l'autre, se trouver sous un angle vital si neuf que rien ne permet de l'envisager. Non. La glace joue serré. La glace est une glace. L'armoire une armoire. La chambre une chambre, au deuxième étage, rue de l'Estrapade.