—Qui est-ce? demanda Germaine.

—C'est cet Anglais, ce terrible Anglais du Tour du Monde.

—Invitez-le, dit Louise, il est seul; vous ne l'avez même pas prié de s'asseoir à notre table.

C'est de la sorte que les nuages se groupent, que l'air fraîchit, que les plantes s'inclinent, qu'une couleur de perle oriente l'eau.

Jacques chercha Stopwell et Stopwell vint s'asseoir entre Germaine et Louise.

Comme dit Verlaine de Lucien Létinois: «Il patinait merveilleusement.» Il portait des knickerbockers, charmantes culottes anglaises qui se bouclent sous le genou et retombent sur la jambe, des bas écossais, une chemise molle, une cravate aux rayures de son club. Sa grâce, son aisance frappèrent Jacques.

Il le voyait toujours dans la boîte Berlin et, comme une toile qui donne peu de chose sans cadre, sans lumière, ne trouve sa force que définitivement encadrée, contre un mur, sous un éclairage cru, Stopwell prenait, au skating, un relief nouveau.

Germaine parla de l'élégance masculine. Jacques, agacé, prétendit que tous les hommes anglais ont une élégance régimentaire et que l'élégance française l'emporte par sa rareté même. Il cita l'accoutrement de tels membres du Jockey-Club dont la singularité charmante n'appartient qu'à eux. Il voulut faire comprendre la silhouette de feu le duc de Montmorency, élimé, taché, emportant son gibus à table.

Il manqua son but. Le malheur qui s'approche prive un homme de tous ses moyens.

Stopwell l'approuve. Stopwell parle. Il souligne ses fautes de français. C'est la première fois qu'il parle. Chez les Berlin, il ne daigne.