Et voici où nous le rencontrons au commencement de ce livre. Il se cambre. Il résiste. Redevenu Jacques, il se regarde dans le miroir.
Un miroir n'est pas l'eau de Narcisse; on n'y plonge pas. Jacques y ppuie le front et son haleine cache cette figure pâle qu'il déteste.
Lunettes noires ou mélancolie éteignent les couleurs du monde; mais, au travers, le soleil et la mort se peuvent regarder fixement.
Il envisagea donc le suicide sans grimace, comme un voyage de luxe. Ces voyages paraissent irréels. On se force pour les préparatifs.
Jacques craignait les fins ignobles. Il revoyait le journaliste de Venise, vert et joufflu. Il se rappelait un suicidé après les courses de Maisons-Lafitte, au bord de la Seine, les tempes en marmelade, avec des pieds de danseur à cause des remous de l'eau où il flottait à demi.
La veille, un docteur, locataire du cinquième, déplorait le nombre des décès par les stupéfiants. Il racontait l'histoire d'une de ses clientes lui téléphonant, la nuit, presque folle. Son amant, qu'elle croyait endormi, était mort. Il avait prisé trop de poudre.
Le docteur arrive, habille le cadavre et le porte, bras-dessus bras-dessous, dans un fiacre, jusqu'à une clinique complaisante, pour sauver cette femme mariée, éteindre le scandale autour d'un nom d'industriels connus.
Jacques se décide.
Il alla, vers onze heures du matin, au skating. La salle déserte changeait d'air. Le barman balayait son bar. Jacques lui dit bonjour et, fort rouge, commença:
—Vous savez que je ne me drogue jamais.