Jacques se demande s'il n'y a pas maldonne, si Germaine n'était pas une contrefaçon de ses désirs, pipés par une ressemblance. Mais non. Le désir ne trompe pas. Elle est bien de la race.

Car c'est une race sur la terre; une race qui ne se retourne pas, qui ne souffre pas, qui n'aime pas, qui ne tombe pas malade; une race de diamant qui coupe la race des vitres.

Jacques en adorait de loin le type. C'est la première fois qu'il s'y frotte.

Que peuvent une Germaine, un Stopwell l'un contre l'autre? Mais Stopwell peut rayer, jusqu'à l'âme, Petitcopain.

Race fleuve aussi. Petitcopain et Jacques sont de la race noyée. Jacques s'en tire à bon compte. Un peu plus, il y restait. D'ailleurs, à quoi bon le repêchage? Qu'un de ces fleuves coule, qu'une de ces pierres miroite, il y courra fatalement.

Hé bien! non. Il luttera. La volonté change les lignes de nos mains. À force de digues on détourne le sort. Ulysse s'attache; il s'attachera. Dans un foyer, il fuira les sirènes. Il est facile de les reconnaître. Si on décide de ne plus prêter une oreille crédule on découvre vite la vulgarité de leur répertoire musical.

Le diamant, qu'est-ce? Un fils de charbonniers, devenu riche. Ne lui sacrifions pas notre chance. Ni fleuve, ni diamant. L'eau molle et l'eau dure n'auront plus ses larmes.

Ainsi Jacques se fait des mots. Il croit fixer un type, cerner l'ennemi, le voir en face, ligoter le fantôme, se mettre en garde contre un danger connu.

Les mots fleuve, diamant, vitre, sirène, sont des fétiches nègres. Mieux vaudrait un signalement. Mais quel signalement? Le vrai monstre a beaucoup trop de têtes différentes. Leur multitude cache son corps.

Jacques bouge, regarde sa mère en souriant. Elle se lève. Elle va faire une maladresse charmante, avouer sa jalousie.