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L'influence de Mallarmé est considérable. Elle peut servir d'exemple pour ces influences occultes qui, en France, font plus de route que celle d'un Hugo.
Et pourtant!
En 1921, avec R. Radiguet et Francis Poulenc, nous nous amusâmes à écrire un acte de critique bouffe, où nous mîmes, en fait de procès-verbal, l'Ecclésiastique des Divagations dans la bouche d'un gendarme.
On joua la pièce. Or, personne, vous m'entendez bien, ni public, ni critiques, ne reconnut ce texte illustre, ni même une allusion au style de son auteur. M. Banès parla dans le Figaro des «palinodies de ce pandore stupide». Je ne cite pas les autres. Ne soyons pas cruel.
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Le quiproquo actuel vient aussi beaucoup de ce qu'on mélange deux planètes, deux univers distincts, deux races d'écrivains cheminant côte à côte par force, mais à des vitesses et à des altitudes différentes[7]. Ils ne se trouvent conjoints que par l'étrange erreur d'une perspective à laquelle nous ne possédons aucun sens défini pour remédier.
Arthur Rimbaud est mené en visite chez Victor Hugo. Ils n'en vivent pas moins à une autre époque. Époque sans nom, qu'il faut sentir.
Nous savons respecter, saluer les grosses gloires, nous pesons leurs mérites, mais ce qui compte pour nous, c'est une autre sorte de gloire qui ne se coupe pas d'eau, qui «reste au fond», fait sa route dans certaines âmes et ne trouble jamais les autres.
Vous connaissez le nom des hommes qui la possèdent. Leur connaissez-vous des statues? J'en compte sept de Musset, pas une de Baudelaire qui, malgré d'innombrables éditions, ne se mêlera jamais.