—Encore une victime d'Élisabeth. On ne compte plus ses morts, plaisanta le jeune capitaine. C'est une fille brave et une brave fille, ce qui vaut mille fois mieux.

Il souhaitait se taire. Guillaume le comprit. Les ordres de Roy donnés, il proposa une partie de cartes.

La guitoune du capitaine Roy était la seule habitable de Saint-Georges. L'eau rendait le travail de la terre presque impossible. Elle fournissait une excuse à la folle insouciance des marins. Leur système d'abris était aux tranchées des zouaves ce qu'une ruche d'arbre est à une ruche d'apiculteur.

On ne s'y garantissait ni de l'eau ni du feu.

Cette insouciance d'hommes toujours bercés de houle et de hamac, voire par l'esprit de corps lorsqu'ils n'avaient point navigué, se fortifiait de ce qu'une heure de bombardement bouleverse un travail de cinq semaines.

Souvent, après un essai d'attaque allemande, les zouaves souffraient moins de leurs blessures que de leur amour-propre d'architectes.

Seule la tendresse des fusiliers pour leurs chefs les avait décidés à bâtir une cabine avec d'étonnantes mains de couturières, qui savent d'un béret à pompon rouge faire une merveille d'élégance et nouer une corde comme des initiales d'amour.

Ce segment était donc fort dangereux et ils y perdaient beaucoup d'effectifs.

Roy souhaitait le silence et jouait en silence.

Dehors, on n'entendait, de loin en loin que ces coups de feu qu'il semblait qu'on tirât pour entretenir la guerre.