Une fusillade très proche retentit.
Elle se prolongeait. Roy posa ses cartes et alla aux renseignements.
—Ce sont, dit-il à Guillaume en reprenant ses cartes, nos messieurs qui s'amusent. Plouardec et Lulu qui gardent le poste d'écoute jouent à la manille et ont imaginé d'annoncer leurs points à coups de fusil. C'est économique. Je les ai fait taire.
Les marins n'ont pas avec leurs chefs les rapports des autres soldats, qu'ils surnomment: les guerriers. Par exemple, ils saluent ces chefs comme les chefs d'infanterie répondant à un deuxième classe, et joignent à ce geste un petit rictus amical.
Douze minutes après les remontrances de Roy, les coups de fusil recommencèrent de plus belle.
Roy, souriait, furieux.
—Cette fois, dit-il, on dépasse les bornes. Je vais punir. Viens Guillaume.
Ils allaient atteindre la plate-forme qui précède les trous d'écoute, lorsqu'une voix assez lointaine, mais très nette, très forte, s'éleva:
—Galopins! glapissait-elle, en excellent français, vous vous amusez à empêcher le monde de dormir. Attendez que j'avertisse vos chefs!
«Que j'avertisse vos chefs» signifiait: commander un tir.