—Ma bien-aimée, ma Gertrude...
Et ses larmes, qu'il ne cherchait pas à retenir, furent plus efficaces que des paroles consolantes pour calmer la propre émotion de Mlle Deplémont.
C'est elle qui, s'efforçant de l'apaiser, montrait un sang-froid relatif, puisé dans son innocence et dans un sentiment de violente révolte.
—Gertrude, ma pauvre, pauvre enfant! si courageuse, si digne dans ce malheur extraordinaire! disait-il en contemplant la femme qu'il rêvait, quinze jours auparavant, d'envelopper de tendresse, de joies, des affinements d'un goût élevé en harmonie avec la beauté et l'éducation délicate de Gertrude.
—C'est une épouvantable épreuve, dit-elle, mais je sortirai d'ici bientôt, demain peut-être!
—Oui, oui, affirma-t-il avec ardeur, oui, bientôt ce sera fini. Nous avons mis un fin limier à la recherche du coupable.
—Ma mère? dit Gertrude avec angoisse. Vous m'avez écrit, et M. des Jonchères m'a répété, qu'elle serait admirablement soignée?
—Elle est dans une excellente maison de santé où je la verrai sans cesse. Ne vous inquiétez pas! sa vie n'est pas en danger, et il est heureux pour elle d'échapper à la douleur du moment présent.
Peu à peu, apaisés l'un et l'autre, ils envisagèrent différents points de l'avenir.
M. des Jonchères avait évité de s'étendre sur les moyens employés par lui pour son enquête personnelle; d'abord dans la crainte de donner trop d'espoir à Gertrude, et surtout parce que, en dépit de la sympathie qu'elle lui inspirait, il retombait fréquemment dans ses doutes.