—Vous avez bon cœur, mais il faut que justice se fasse. Irez-vous la voir dans la prison?
—La voir! s'écria-t-elle en reculant. Voir Mlle Deplémont en prison...
Elle se laissa tomber sur un siège, le visage décomposé par une émotion qui ressemblait à de la frayeur.
—Mais, ma pauvre Sophie, rien ne vous y oblige, dit Aubrun avec commisération. Et vous ferez bien d'éviter de nouvelles secousses, car vous ne me paraissez pas encore bien sûre de vos nerfs... Je comprends que, en dehors des sentiments que vous avez eus autrefois pour Mlle Deplémont, il vous répugne d'approcher une criminelle... car elle est coupable, croyez-le bien!
Si Sophie Brion avait trempé, indirectement ou non dans le crime, il la confirmait, en assurant que Gertrude était coupable, dans la conviction qu'elle-même était désormais à l'abri d'une poursuite.
Elle se domina assez vite et se leva en s'excusant.
—Que monsieur veuille bien m'excuser... C'est bien vrai que je ne suis pas encore forte.
—Comment en serait-il autrement? Il faut vous distraire de ces tristesses et prendre bravement votre parti de l'inévitable.
Un peu plus tard, elle revint elle-même sur le sujet.
—Monsieur dit qu'il faut être bien naïf pour croire innocente Mlle Deplémont. Mais qu'a-t-elle fait des valeurs qui ont été dérobées? Et qu'en aurait-elle fait si elle n'avait pas été découverte?