—C'est moi qui vous le demande...
—Comment?
—Aubrun est filé... je sais qu'il espionne la femme de charge.
—Ah! bah! dit M. des Jonchères qui ne put retenir un sourire. Et lui qui se croyait si sûr d'agir à votre insu!
—On le connaît... on sait que vous l'avez plus d'une fois employé, et j'ai été prévenu par la préfecture de police qui voyait, avec raison, une connexion entre le changement de domicile d'Aubrun, ses allures nouvelles et l'affaire qui nous occupe. D'autant que, influencé par les dénégations de Cébronne, et bien que croyant à la culpabilité de Mlle Deplémont, j'ai continué à faire surveiller Mme Brion. J'ai su ainsi qu'elle était entrée au service d'un M. de Lucel... Enfin qu'a-t-il découvert?
—Il demande encore quelques jours pour donner de la tangibilité à ses soupçons. Il sait que Sophie Brion avait besoin d'argent, et il croit à l'innocence de Mlle Deplémont.
—Ceci est une opinion... et le besoin d'argent ne prouve pas que cette femme soit un assassin.
—Assurément... mais l'aconitine a été volée, Aubrun sait que le magasin de M. Darrault a été confié à la femme de charge, et ce détail, auquel nous n'attachions aucune importance à cause des affirmations du pharmacien, ce détail, dis-je, est un jalon solide pour les déductions de mon agent.
—C'est bien faible tout cela, Jonchères!
—Cependant si la femme de charge était allée le soir chez M. de Chantepy, le fait deviendrait une présomption?