—Oui, et son besoin d'argent également... mais elle n'y était pas!

—Aubrun suppose un complice...

—Comment l'eût-elle introduit? Comment eût-il été dans l'appartement au moment où Mlle Deplémont y était elle-même? Rien dans les enquêtes n'a confirmé ou simplement indiqué une telle hypothèse? Cependant nous avons cherché. Quel complice? Son fils alors, seul intéressé au vol? C'est un excellent garçon, et nous connaissons l'emploi de sa soirée le jour du crime.

—Si Aubrun se trompe, nous le saurons d'ici peu. Mais je crois prudent de n'entraver en rien sa marche.

—C'est mon avis... aussi nous le laissons agir sans intervenir, bien que convaincus de l'inutilité de son espionnage. Ce ne sera jamais qu'une perte de temps et d'argent.

M. des Jonchères répéta à Cébronne sa conversation avec M. de Monvoy; il le chargea de mettre à la poste le télégramme dans lequel il copia les numéros demandés par Aubrun.

—Le juge d'instruction n'a pas ébranlé ma confiance dans l'habileté de mon agent, dit-il; ses déductions se tiennent.

En recevant les numéros, Aubrun s'empressa de les apprendre par cœur. Il espérait, par une adroite manœuvre, amener la femme de charge à lui montrer les valeurs de son héritage fictif... ou réel. Mais, selon toutes probabilités, il ne pourrait pas les garder pour contrôler les numéros; il était donc nécessaire de les avoir nettement présents dans sa mémoire.

Trois jours après, Sophie revint prendre son service. Elle paraissait très satisfaite, et, sans attendre de questions, parla de son héritage.

—Puisque monsieur s'intéresse à moi, je suis contente de lui apprendre que mon cousin a laissé de belles économies.