—On le dit riche, et il refuse d'avoir des domestiques chez lui sous prétexte qu'il les hait. Pour le servir, il a une sorte de femme de charge qui tient et fait son ménage, mais ne couche pas auprès de lui, malgré ce que je lui ai dit à ce sujet. Quand il parle de Gertrude, c'est avec une affection enthousiaste qui m'a souvent touché.
—A ta place, avant de revoir cette jeune fille, je dirais à monsieur... comment l'appelles-tu?
—M. de Chantepy.
—Eh bien, quand M. de Chantepy connaîtra tes intentions, il te dira tout. Avant une démarche décisive, tu aurais dû causer avec lui.
—Ma résolution était prise, répondit tranquillement M. Cébronne. J'irai le voir, en effet, afin d'épargner à ces pauvres femmes des révélations humiliantes. Je leur dirai alors que je connais le mobile de leur détermination et que, à mes yeux, rien n'est un obstacle à mon union avec Gertrude.
Il prononça ces mots avec une énergie qui contraria M. des Jonchères.
—Voyons, Bernard, examinons la question sous son jour le plus noir. Supposons que M. Deplémont ait subi une condamnation, te vois-tu le gendre d'un déporté?
Le docteur vint s'asseoir auprès de son ami pour discuter.
—Si cet homme est mort comme je le crois...
—Il vit!