—Et Cébronne, et la mère? dit-il en relevant la tête.
—Je cours chez Bernard! dit l'avocat. Ma plaidoirie est terminée.
—Allez! il est près de midi, peut-être sera-t-il rentré. Ah! un mot... Et l'aconitine? Cette femme en connaissait donc les propriétés?
—Rien de plus vraisemblable, répondit M. des Jonchères. Vous savez, par Mlle Deplémont elle-même, que Cébronne lui avait donné des explications sur les effets du poison. Une tierce personne était là, mais ni Bernard ni la jeune fille ne se sont rappelé si c'était la femme de charge ou la garde-malade; ils penchaient pour cette dernière hypothèse.
—Et Cébronne, du reste, s'est bien gardé d'insister sur cette conversation si compromettante pour l'infortunée jeune fille, dit M. de Monvoy.
Il accompagna M. des Jonchères en dehors du cabinet.
—Je suis désolé, désolé en pensant à Mlle Deplémont... Que sont nos prétentions de discernement et de déductions logiques quand le hasard et un pauvre policier de fantaisie détruisent nos savants échafaudages? C'est pitié, Jonchères, n'est-ce pas?
—Les faits accusaient Mlle Deplémont, et, je vous l'avoue maintenant, je partageais votre manière de voir.
—L'astuce et la préméditation de cette femme sont inouïes! s'écria M. de Monvoy.
Il rentra dans son cabinet et questionna Aubrun, qui ne demandait qu'à raconter par quelles déductions logiques, et prenant le contre-pied de l'enquête officielle, il était parvenu à la vérité.