«Tu ne trouveras personne... Je suis bien convaincu qu'en ce moment même, ces pauvres femmes cherchent le moyen de se dérober à l'entrevue.»

S'il avait pénétré dans l'appartement de Mme Deplémont, il eût constaté que son opinion était fondée.

Après le départ de M. Cébronne, Gertrude pleura longtemps, abîmée dans une douleur que sa mère contemplait avec désespoir.

—Ainsi c'est vrai!... tu l'aimes! ma pauvre enfant!

Mme Deplémont, femme intelligente et distinguée, dont les épreuves n'avaient pas abattu l'énergie, perdait cependant son courage en pensant à Gertrude.

Secrètement, elle versait bien des larmes sur sa fille trempée dans le malheur, et qui ne connaîtrait jamais les douceurs d'un heureux foyer. Beauté et qualités devaient mourir dans l'ombre sans avoir vécu, et la mère ne s'en consolait pas.

Elle avait été trop malade pour observer sa fille dans ses rapports avec M. Cébronne, et, en dépit de quelques soupçons, l'aveu de Gertrude était un coup amer. Nature fière et naturellement concentrée, Mlle Deplémont eût gardé très secrets ses sentiments si Bernard n'avait pas parlé.

Elle réprima son accès de chagrin et répondit:

—Oui, je l'aime! de toute mon âme! et il vient de me donner une grande joie.

—Une joie!... qui te fait pleurer bien amèrement, pauvre petite!