M. Cébronne monta promptement, bien que le coup imprévu eût été si vif qu'il se sentait brisé, courbaturé comme s'il venait de passer par une extrême fatigue physique.

«Encore un chagrin pour ces pauvres femmes!...» se disait-il.

La porte lui fut ouverte par la femme de charge qui pleurait et, dans la chambre il trouva le concierge avec un ami de M. de Chantepy qu'on était allé chercher précipitamment. Sans être très lié avec le défunt, M. Verchaire, qui demeurait rue d'Assas, venait le voir assez souvent.

—C'est affreux, docteur! dit-il. J'ai causé avec lui hier même; il était assez gai, parce qu'il souffrait moins que les jours précédents.

Cébronne s'approcha du lit; son examen fut long et minutieux.

—C'est une attaque, ou la goutte est remontée au cœur, n'est-ce pas, docteur? demanda M. Verchaire un peu étonné de la longueur de l'examen.

Quelques secondes se passèrent encore avant que Cébronne se retournât pour répondre à la question.

—Non, dit-il du ton froid et un peu bref qu'il avait toujours dans ses consultations, non, rien de tout cela! M. de Chantepy est mort empoisonné.

—Empoisonné! répétèrent M. Verchaire et le concierge.

—Empoisonné! dit la femme de charge consternée. Comment se serait-il empoisonné? C'est affreux!