—Qui est Sophie?
—La femme de charge de M. de Chantepy.
—Quelles circonstances?
—M. de Chantepy, lorsque ses douleurs étaient trop vives, se servait de morphine sous forme de piqûres. Mlle Deplémont employait une ou deux heures de la soirée à lui faire la lecture et, avant de le quitter, préparait souvent elle-même...
—Oh! interrompit avec effroi M. des Jonchères.
—Selon toutes probabilités, elle n'est pas allée hier soir chez M. de Chantepy. On le prouvera... il n'y a rien à craindre, dit Cébronne d'un ton saccadé.
—Il faut retrouver ces femmes le plus tôt possible... N'as-tu pas parlé tout à l'heure d'un moyen pratique pour arriver jusqu'à elles?
—Oui... et il me faut quelqu'un pour agir aujourd'hui même. Moi je suis retenu impérieusement par mes malades et par le rapport que je dois envoyer ce soir au magistrat.
—J'irai moi-même, dit M. des Jonchères. Je suis libre et vais partir. Où faut-il aller?
—A Nanterre. Elle travaille pour une maison qui fabrique les gants de laine dont on se sert pour frictions. J'ignore l'adresse, mais là-bas tu te renseigneras facilement.