—Oui, mais leur situation était précaire, et le retour de M. Deplémont la complique encore. Il est malade et a dû se réfugier auprès de sa femme et de sa fille, car, sans laisser d'adresse, il a quitté subitement le petit hôtel où il était descendu.
—Vous saviez où il s'était logé?
—Oui, je l'ai su tout de suite par la préfecture de police, et j'espérais ainsi parvenir à mon but. Il faut chercher autrement... Le testament de la victime est connu; M. de Chantepy donne tout à Mlle Deplémont.
Le magistrat se tut un instant, attendant vainement une observation de Cébronne.
—Continuez, je vous prie, dit celui-ci; mais avant, pourquoi Mlle Deplémont est-elle soupçonnée, et non sa mère?
—Chaque soir, cette jeune fille allait faire la lecture à son cousin; quelquefois sa mère l'accompagnait, mais rarement depuis sa maladie. C'est Mlle Deplémont qui préparait souvent la piqûre dont M. de Chantepy avait besoin.
—C'est moi qui lui ai appris, dit avec calme Cébronne. Après?
—Après? Un reste d'aconitine était caché dans la commode de Mlle Deplémont. Le papier, trouvé par vous sur la cheminée de M. de Chantepy, s'adapte à la déchirure du papier découvert dans le tiroir et contenant le reste d'aconitine dont je viens de parler.
Une pâleur de cendre se répandait sur les traits de M. Cébronne.
—Sait-on si Mlle Deplémont est allée dimanche soir chez M. de Chantepy? demanda-t-il d'un ton encore ferme.