—Assurément! dit Cébronne d'une voix irritée.

—Expliquez-moi votre phrase de tout à l'heure: «Je comprends maintenant!»

—Samedi soir, j'ai remarqué l'air souffrant de Mme Deplémont qui sort seulement de convalescence, et j'ai su qu'elle avait éprouvé une vive émotion; or, vous me dites que son mari était venu le jour même?

—Oui... elle devait d'ailleurs être informée de sa visite. Elle et sa fille lui écrivaient régulièrement en lui envoyant de petites sommes économisées sur leur travail. J'ajoute que Mme Deplémont, dans le désastre amené par les turpitudes de son mari, n'a pas retiré un centime de sa fortune personnelle. Le dossier du procès de M. Deplémont est entre mes mains depuis ce matin, et l'attitude de Mme Deplémont, dans cette épreuve, a été absolument correcte.

—Comment ose-t-on les soupçonner? s'écria Cébronne. Leurs efforts si honorables pour vivre et pour soulager ce misérable, ne sont-ils pas des garanties suffisantes?

—Mon cher docteur, ces femmes luttaient pour gagner le pain quotidien et, après de longues habitudes de bien-être, on se fatigue vite d'une pareille lutte!...

—Nous sommes en plein dans l'absurde! s'écria Bernard. M. de Chantepy, dans cette phase nouvelle, leur serait venu en aide.

—En êtes-vous certain? On le croyait dans une grande aisance, il avait à peine sept mille francs de rente. Enfin c'était un original, vous le savez bien.

—Oui... je sais, dit impatiemment Cébronne; mais il avait assez de générosité dans le caractère pour faire un sacrifice.

—Soit!... Croyez-vous qu'on puisse soupçonner quelqu'un de la maison? La femme de charge, par exemple?