—Quel service?
—D'abord, c'est toi qui la défendras si elle est arrêtée; j'ai une confiance absolue dans ton jugement et ton talent.
—Soit! je la défendrai, non avec mon talent, mais avec mon cœur, puisque tu l'aimes!
—Merci, Henri!... je sais que je peux toujours compter sur toi. Maintenant, je t'en prie, va dès ce soir chez M. de Monvoy. Dis-lui que tu seras l'avocat, fais-le parler; tu sauras questionner, alors que moi je suis trop ému, surtout trop irrité pour penser...
—Mais cette jeune fille n'est pas arrêtée! répliqua M. des Jonchères. Me poser comme son avocat est prématuré, et ce sera le premier mot de M. de Monvoy.
—Est-ce que, dans un cas pareil, la famille n'a pas le droit de choisir un avocat pour la défense?
—Si, certainement!
—Eh bien, je représente le seul protecteur de Mlle Deplémont. Je suis implicitement son mari, j'agis en conséquence et je prends un conseiller pour elle. Si c'est contre l'usage, la correction, qu'importe! Comme avocat, te donnera-t-on les pièces qui concernent l'enquête?
—Un peu plus tard... quand je serai officiellement et non officieusement l'avocat de la défense.
—Tu crois que M. de Monvoy ne répondra pas dès ce soir à tes questions?