Auguste Merlet, né le 25 octobre 1887, à Jallais, dans la Vendée angevine, perdit sa mère de bonne heure ; mais il se la rappelait assez pour parler d’elle en termes attendris, et il avait une sœur qu’il aimait tendrement.
Très jeune il pensa au sacerdoce, et cet idéal, toujours présent à ses yeux, lui inspira les désirs supérieurs qui devaient le conduire au grand séminaire d’Angers.
Nous traversons une époque où, par suite de certaines ambiances, il est de mode, presque de bon ton, de dogmatiser sur des questions délicates avec une connaissance insuffisante des entours…
Si les étrangers écoutaient la société française dénigrer parfois elle-même ses meilleurs éléments, ils pourraient croire que les bons ferments du pays ont sombré dans l’apathie, ou perdu, dans la tourmente des idées, les principes qui développent les qualités élevées d’une race.
Auguste Merlet, qui écrivait ses notes intimes sans se douter qu’elles seraient un jour livrées au public, montrera que les ferments sont toujours les mêmes, les principes toujours appliqués et toujours efficaces.
Il serait superflu de décrire sa nature et la trempe de son esprit, car, dans ses lettres et son journal, il révélera partout sa maturité de jugement, sa droiture, son cœur aimant, expansif et confiant. Il se peint lui-même en quelques lignes quand il écrit :
« Je suis un sensitif et j’aime les sensitifs ; je détesterais ceux qui n’ont pas de cœur si moi-même je n’avais pas un cœur assez grand pour aimer tout le monde… Je ne suis jamais si courageux que lorsque j’ai reçu une marque d’affection. »
Et ailleurs :
« Je suis un peu sentimental et j’ai remarqué bien souvent que la vie du cœur vivifie tout mon être. »
Son esprit était positif et chercheur, exigeant, et désireux de tout approfondir ; mais son cœur restera délicat et tendre sans cesser d’être fort, sans jamais descendre à la sensiblerie.