«Tu as été très impolie avec Mme A..., Reine.
—En quoi, Junon hypocrite? Je lui ai laissé voir qu'elle me déplaisait, voilà tout!
—C'est précisément ce qui est inconvenant, ma nièce.
—Elle est si laide, mon oncle! Voyez-vous, je ne me sens pas attirée vers les femmes; elles sont moqueuses, méchantes, et vous examinent de la tête aux pieds, comme si vous étiez une bête curieuse.
—Comment peux-tu leur reprocher d'être moqueuses, Reine? Tu passes ton temps à saisir le ridicule des gens et à les mimer.
—Oui, mais je suis jolie, par conséquent tout m'est permis. M. C... me le disait l'autre jour.
—Je ne vois pas bien la conséquence... Ensuite, crois-tu que les hommes ne t'examinent pas de la tête aux pieds?
—Oui, mais c'est pour m'admirer, tandis que les femmes cherchent des défauts à mon physique et en inventent au besoin. Vois-tu, j'ai déjà remarqué une foule de choses.
—Nous le voyons bien, ma nièce, mais tâchez de remarquer que la tenue est une qualité appréciable.»
Quand nos convives masculins étaient jeunes, ils nous faisaient la cour, à Blanche et à moi, et je m'amusais bien, mais quand c'étaient des vieux... Dieu! la politique qui surgissait toujours pour me donner la migraine. Ah! m'a-t-elle ennuyée, cette politique!