—Que veux-tu? je crois que nous ne nous convenons pas réciproquement.

—Alors, tu refuses, Junon?

—J'ai demandé un mois pour réfléchir, petite Reine. Je suis très perplexe, car je redoute une déception pour mon père. D'ailleurs, à certains points de vue, ce mariage réunit tout ce que je puis désirer; enfin, l'homme est parfaitement estimable.

—Mais puisque tu ne l'aimes pas, Blanche!

—Mon père soutient que je l'aimerai plus tard, que, du reste, l'amour proprement dit n'est pas nécessaire pour se marier et être heureuse en ménage.

—Comment peux-tu croire une chose pareille! dis-je en bondissant d'indignation. Mon oncle a vraiment des doctrines abominables!»

Mais Blanche me répondit tranquillement que son père était plein de bon sens, qu'elle avait remarqué maintes fois qu'il se trompait peu dans ses jugements, et qu'elle se sentait disposée à l'écouter.

«Paul t'aime beaucoup, Junon? marmottai-je du bout des lèvres.

—Oui, depuis longtemps.

—Tu le savais?