«Chère Reine, murmura Paul à mon oreille, si j'avais connu votre secret plus tôt, je ne serais pas resté si longtemps loin de vous.»

Je ne répondis pas, parce que je pleurais.

Il prit de force une de mes mains et la retint dans les siennes, tandis que, saisie d'un accès de timidité comme je n'en avais jamais eu, je détournais la tête en essayant de la retirer.

«Laissez-la-moi, cette main si petite et si jolie; elle m'appartient maintenant. Tournez la tête de mon côté, Reine!»

Je regardai en face ces beaux yeux francs qui me souriaient, et je m'écriai:

«Dieu soit loué! mon oncle avait raison, vous n'êtes pas le pic de l'Aiguille-Verte.

—Le pic de l'Aiguille-Verte?... me dit-il, surpris.

—Oui, mon oncle prétendait..., mais n'importe! Qui donc vous a appris ce que vous ignoriez en partant?

—Mon père, M. de Pavol, et beaucoup de choses que je me suis rappelées depuis deux mois.

—Il est donc bien vrai que l'amour attire l'amour? dis-je innocemment.