Dans la nuit, je rêvai que ma tante, transformée en dragon, luttait contre François Ier qui la pourfendait de sa grande épée. Il me prenait dans ses bras et s'envolait avec moi, tandis que le curé nous regardait d'un air désolé et s'essuyait le visage avec son mouchoir à carreaux. Il le tordait ensuite de toutes ses forces, et la sueur en découlait comme s'il l'avait trempé dans la rivière.

III

Le lendemain, à peine étions-nous installés à notre table, le curé et moi, que la porte s'ouvrit avec fracas et que nous vîmes entrer Perrine, le bonnet sur la nuque et ses sabots bourrés de paille à la main.

«Le feu est-il à la maison? demanda ma tante.

—Non, madame, mais le diable est chez nous, bien sûr! La vache est dans le champ d'orge qui poussait si bien, elle ravage tout, je ne peux pas la rattraper; les chapons sont sur le toit et les lapins dans le potager.

—Dans le potager! exclama ma tante, qui se leva en me lançant un regard courroucé, car ledit potager était un lieu sacré pour elle et l'objet de ses seules amours.

—Mes beaux chapons! grogna Suzon, qui jugea à propos de faire une apparition et d'unir sa note bourrue à la note criarde de sa maîtresse.

—Ah! péronnelle!» cria ma tante.

Elle se précipita à la suite des domestiques en frappant la porte avec colère.

«Monsieur le curé, dis-je aussitôt, croyez-vous que, dans l'univers entier, il y ait une femme aussi abominable que ma tante?