—Venez ici, Volodia, lui dit-elle; vous voulez nous quitter?

Il la regarda avec des yeux pleins de tristesse et de reproche, puis se détourna.

—Je ne puis faire autrement, dit-il.

—Si pourtant je vous priais de rester? fit-elle timidement.

Il leva sur elle un regard hésitant, et rencontra celui de Sophie, plein de tendresse virginale.

—Je vous ai bien fait souffrir par mes défauts, dit-elle en rougissant; il n'est que juste de vous offrir une compensation... restez ici, mais restez-y en maître...

Nadia parut sur le seuil. Elle embrassa du regard les jeunes gens, et son cœur ressentit une joie profonde, longtemps désirée, longtemps attendue.

—Enfin! fit-elle. Il y a bien des années, Volodia, que je vous nomme mon fils!

Le départ de Pierre fut retardé, car il voulait assister au mariage de sa sœur. Enfin, un beau jour d'hiver, il partit joyeux, laissant près de sa mère les jeunes gens mariés la veille. Marthe restait auprès de Nadia, pour la distraire un peu de sa solitude relative pendant la lune de miel.

—Je suis née tante, dit-elle; je l'ai répété toute ma vie; la Providence le sait trop bien pour ne pas m'accorder des nièces et des neveux.