Quinze jours plus tard, au moment où le jeune homme fermait sa malle, pour son départ fixé au lendemain, il vit entrer dans sa chambre Volodia, très-pâle et visiblement troublé.
—Qu'as-tu? lui demanda Korzof avec un calme qui l'étonna lui-même.
—J'ai que... je n'avais pas suffisamment réfléchi quand je t'ai promis de rester ici en ton absence, dit le jeune médecin; je viens te demander de me libérer de ma promesse. Il ne s'agit pas de quitter mon service à l'hôpital, tu le comprends bien, mais seulement de demeurer ailleurs. En ton absence, seul sous ce toit avec ta mère et ta sœur...
—Ah! fit Pierre toujours très-tranquille; tu n'as pensé à cela qu'aujourd'hui?
Volodia se troublait de plus en plus.
—J'y avais pensé, dit-il, mais je n'ai reconnu l'urgence que...
—C'est très-bien; tu nous prends un peu à l'improviste, mais je pense que je vais arranger cela; ferme ma malle en attendant, voici la clef.
Il sortit, laissant son ami s'escrimer de son mieux contre un couvercle récalcitrant, et quelques instants après il rentra, tout aussi tranquille.
—Va dans la salle à manger, dit-il, j'ai prévenu ma mère, tu l'y trouveras.
Ce n'était pas Nadia que Volodia aperçut en ouvrant la porte, ce fut Sophie, qui l'attendait, debout près de la fenêtre. Il allait se retirer, tout confus, lorsque la jeune fille l'appela.