«C'était une distraction, monsieur le curé et je me trouve si malheureuse!

—Malheureuse, Reine?

—Croyez-vous que ce soit amusant d'avoir une tante comme la mienne! Elle ne me bat plus, c'est vrai, mais elle me dit des choses qui me font tant de peine!»

Que je connaissais bien mon curé! Il avait déjà oublié ses griefs et ses sermons; d'autant qu'il y avait un grand fonds de vérité dans mes paroles.

«Est-ce pour cela que vous êtes si triste, mon bon petit enfant?

—Certainement, monsieur le curé. Pensez donc que ma tante me répète sur tous les tons que je suis un avorton, que je suis laide à faire peur!»

Mes yeux s'emplirent de larmes, car ce sujet m'allait droit au cœur.

Le bon curé, très ému, se frotta le nez d'un air perplexe. Il était loin de partager les idées de ma tante sur ce point, et se demandait quel moyen il pourrait bien employer pour dissiper mon chagrin sans éveiller dans mon âme l'orgueil, la vanité et autres éléments de damnation.

«Voyons, Reine, il ne faut pas attacher trop d'importance à des choses qui périssent si vite.

—En attendant ces choses existent, répliquai-je, me rencontrant, à deux siècles d'intervalle, avec la pensée de la plus belle fille de France.