—Et puis, vous verrez peut-être des gens qui ne penseront pas comme Mme de Lavalle.

—Êtes-vous de ces gens-là, monsieur le curé? Me trouvez-vous jolie?

—Mais... oui, répondit le curé d'un ton piteux.

—Très jolie?

—Mais... mais oui, répondit le curé sur le même ton.

—Ah! que je suis contente! m'écriai-je en pirouettant. Que je vous aime, mon curé!

—C'est très bien, Reine; mais vous avez commis une grande faute. Vous vous êtes introduite dans la bibliothèque au risque de vous casser le cou, et vous avez lu des livres que je ne vous aurais probablement jamais donnés.

—Walter Scott, monsieur le curé, c'est Walter Scott! ma littérature en dit beaucoup de bien.»

Et je lui narrai toutes mes impressions. Je parlai longtemps avec volubilité, ravie de voir que non seulement le curé ne songeait plus à me gronder, mais qu'il écoutait avec intérêt ce que je lui racontais. Devant mon entrain et ma gaieté, reparus comme par enchantement, il reprit subitement ses couleurs et sa physionomie souriante.

«Allons, me dit-il, je vous permets de continuer à lire Walter Scott; je le relirai même pour en parler avec vous, mais promettez-moi de ne pas recommencer votre escapade!»