Au moment d’ouvrir la porte, il se retourna pour dire avec effort :
— A propos de mariage… tu arrives précisément pour assister à celui d’une cousine à moi.
— Ah !… est-ce la petite Suzanne que j’ai vue ici autrefois ?
— Oui… c’est Mlle Jeuffroy.
— Enfant, elle était gentille. Qu’est-elle devenue comme femme ?
— Tu la verras après-demain, c’est le jour du contrat, et je te ferai inviter.
— Bravo ! j’étudierai sur le fiancé quelle tête il faut avoir quand on se marie, et je trouverai bien parmi les invités quelques silhouettes pour mon crayon.
Preymont, après une journée d’efforts pour se dominer, éprouvait un impérieux besoin de solitude. Il sortit, puis traversa la route et les prés qui séparaient la propriété des bords de la Loire.
Souvent, dans le même endroit, il était venu, fatigué d’un travail aride ou saisi de tristesse devant des désirs irréalisables, chercher dans l’imposant silence et la tranquille limpidité de la nuit le calme extérieur qui agit sur la pensée. Mais alors il ne trouva dans la solitude qu’un homme malheureux.
« J’aime…, pensait-il, moi qui n’ai même pas le droit, sans être ridicule, d’associer ce mot à mes pensées. »