— M. Varedde a-t-il signé ?
— C’est vous, mademoiselle, qui devez commencer, lui dit le notaire ; c’est un usage courtois.
— Non… je ne signerai qu’après lui. Monsieur, signez, je vous prie.
Devant le ton impérieux de la jeune fille, M. Varedde eut quelque peine à retenir un geste de colère ; mais il se contint, et, après avoir signé d’une main nerveuse, il lui passa la plume. Elle la jeta devant elle, prit vivement le contrat et le déchira.
A cet acte imprévu, Mlle Constance, stupéfaite, poussa un cri ; M. Jeuffroy, furieux, s’avança vers sa fille et lui saisit le poignet en disant :
— Sotte !… deviens-tu folle ?
M. Varedde la regardait sans pouvoir prononcer un mot.
— Monsieur, lui dit Suzanne, qui, par un énergique effort de volonté, parlait avec calme, je n’épouserai jamais un homme qui m’a marchandée. Voici la bague de fiançailles, on vous renverra le reste aujourd’hui même.
— De quel droit te permets-tu…, commença M. Jeuffroy.
Mais M. Varedde l’interrompit d’un geste et, tout tremblant de colère, s’écria :