— Allons, ne me gronde pas, répondit-elle radieuse, et défais le paquet pour avoir le plaisir d’admirer l’étoffe.
Et le visage ruisselant, fatigué, mais épanoui, ses yeux ronds sans expression fixés sur sa nièce, Mlle Constance se dilata dans la joie.
Fanchette jugea bon de lancer un peu de morale à la traverse.
— Tenez, mademoiselle Suzanne, c’est de la vanité tout de même, ça !
— Bah ! tu seras ravie de me voir bien habillée, répondit la jeune fille en s’efforçant de parler gaiement.
— Ah ! cette idée ! dit Fanchette qui se cachait souvent dans les petits coins pour admirer Suzanne. Je suis revenue de tout ça, mademoiselle. Quand on est au service du bon Dieu, voyez-vous, on se fiche bien des vanités !
— Est-ce bien sûr ? répliqua Suzanne en riant.
L’arrivée de Saverne avec M. Jeuffroy arrêta la réponse de Fanchette, et Suzanne, qu’une émotion vive avait fait pâlir, s’empressa de demander à Didier si Mme de Preymont était encore souffrante.
— Elle m’a paru très fatiguée ce matin, mais elle n’est pas la seule, répondit-il en la regardant avec intérêt.
— Moi, l’air fatigué ! dit-elle en riant. Vous m’étonnez, car je ne me suis jamais sentie si reposée.