Ah! que je crains, Celie,
Que l'Amour, une fievre, une longue prison,
Ou quelque autre accident n'ait troublé sa raison.
CELIE.
Bien loin d'avoir pour luy cette obligeante crainte,
Croyez que sa folie est une accorte feinte,
Par où, l'adroit qu'il est, a voulu rechercher
Les moyens de vous voir, & de vous aprocher;
Mesme je croy qu'Evandre, ou je suis bien trompée,
Est de l'intelligence, & qu'Armille est dupée,
L'industrieux vieillard, qui sans doute le sert,
L'employe à le produire, & se met à couvert.
ISMENIE.
A ce conte, Celie, elle n'est pas trop fine;
CELIE.
Non, mesme il a tant fait que pour la bonne mine
Du plus interessé de nos deux Amoureux,
Elle a tiré de vous deux beaux habits pour eux.
ISMENIE.
En effect il est vray que plus je vous écoute,
Moins sur cette matiere il me reste de doute:
Mais allons aux jardins nous en entretenir,
Attendant le vieillard qui l'y fera venir,
Afin que mes soupçons changez en certitude
Mon esprit desormais n'ait plus d'inquietude.
Fin du second Acte.