Ils sont la cause de tous mes malheurs et de ma chute dans le vice. Sans eux, je n'eusse pas été martyrisée par les Lyncheurs, et je n'aurais pas été obligée de me livrer à Randolph. Trois bandits ne m'auraient pas violée et enfin, malheur de moi! je ne serais pas

UNE PROSTITUÉE

NOTE

Ici s'arrête le récit que m'a fait Dolly Morton.

Tant que je demeurai à New York, je la revis; j'avais pitié de son infortune. Le jour de mon départ, je lui donnai mon adresse, lui disant que je serais heureux d'avoir parfois de ses nouvelles. Je crois que la pauvre fille m'aimait un peu: le jour où elle me dit adieu, des larmes coulèrent de ses doux yeux.

Six mois plus tard, je l'avais à peu près oubliée—ainsi sommes-nous faits—lorsque je reçus d'elle une lettre m'annonçant son mariage avec un homme un peu plus âgé qu'elle et qui avait un commerce très florissant.

Elle l'aimait vraiment et l'avenir s'annonçait heureux.

J'en fus satisfait pour elle. C'était ma foi, une brave créature et, quoiqu'un peu faible de caractère, je suis persuadé qu'elle a dû être une excellente femme de ménage fidèle à l'homme qui l'avait tirée de l'abîme.

Depuis, je n'ai plus entendu parler d'elle je souhaite de tout cœur que cette pauvre femme ait maintenant l'existence heureuse. Elle a souffert beaucoup sans l'avoir mérité et la vie lui doit bien la compensation de quelques jours heureux.