Une jolie vignette ovale orne cet ouvrage. Elle représente Cupidon attaché à un arbre tandis qu'une jeune fille assise prépare une verge de bouleau pour le châtier.

Au point de vue littéraire ce livre ne vaut absolument rien. L'auteur traite son sujet d'une façon par trop exclusive et part de ce principe que la flagellation en elle-même constitue la jouissance, tandis qu'en réalité l'on ne peut considérer cette pratique que comme un moyen d'arriver au but que l'on se propose, c'est-à-dire la jouissance sensuelle. En lui-même le châtiment corporel que l'on s'impose ne peut certainement avoir rien que de désagréable. Ce n'est pas la flagellation qui termine l'opération, puisqu'elle est suivie d'autres actes qui produisent les effets définitifs désirés et provoqués. D'autre part, les verges sont exclusivement placées dans les mains des femmes, comme si les hommes ne sauraient éprouver au moins tout autant de plaisir à fouetter des jeunes filles qu'à être fouettés par elles.

Dans l'Exposition des flagellants femelles cette théorie uniforme est adoptée d'un bout à l'autre; on nous y enseigne que dans la flagellation il faut un certain art, du tact, et de la délicatesse.

Voici à titre de document, la traduction d'un passage qui s'y rapporte: «Saches donc, fille nigaude (dit Flirtilla), qu'il y a une certaine façon de manier ce sceptre de félicité, dans laquelle peu de femmes ont la main heureuse; ce n'est pas le geste passionné et violent d'une vulgaire femelle qui peut charmer, mais les manières délibérées et élégantes d'une femme de sang et du monde, qui déploie en toutes ses actions cette dignité qui se retrouve même dans le jeu de son éventail, qui souvent sert à faire de si profondes blessures. Quelle différence entre le vulgaire et le mondain, le distingué, précisément en cette matière! Quelle différence entre la vue d'une femme vulgaire qui, provoquée par ses enfants, les saisit comme un tigre ferait d'un agneau, expose brutalement leur derrière et les corrige avec le plat de la main ou avec une verge ressemblant beaucoup plus à un manche à balai qu'à un gentil faisceau de verges, élégamment nouées ensemble tandis qu'une mère bien-née, froidement et méthodiquement sermonnera son enfant ou son pupille et, quand elle se sera rendu compte qu'il est dans son tort et qu'il mérite une punition, ordonne à l'incorrigible miss de lui apporter les verges, de se mettre à genoux et de demander à mains jointes une bonne fouettée; puis, cette cérémonie préliminaire accomplie, elle lui ordonnera de se coucher en travers de ses genoux ou bien la fera monter sur le dos de la bonne, et puis, avec les plus jolies manières que l'on puisse imaginer enlèvera tout ce qui empêchera le libre accès du derrière frémissant de la petite demoiselle, qui pendant tout le temps, tout en larmes et avec des promesses et des suppliques les plus tendres implore sa chère maman ou sa gouvernante de lui pardonner; et à tout cela la belle exécutrice prêtera oreille charmée, découvrant cependant avec un sentiment délicieux les gentilles et aimables rotondités si blanches, qu'en quelques minutes elle fera passer au rose le plus sombre au moyen d'une verge maniée avec savoir-faire et élégance!»

Il existe d'ailleurs encore deux autres éditions de cet ouvrage, savoir:

The Exhibition of Female Flagellants. Suus cuique mos. London. Printed at the Expense of Theresa Berkley, for the Benefit of Mary Wilson, by John Sudbury, 252, High Holborn.

L'autre Édition est celle de genre bien connu de Hollywell Street.

Le Chérubin ou Gardien de l'Innocence féminine. Exposant les Artifices des Pensionnats loués[20], des Diseurs de Bonne Aventure, des Modistes corrompues et des soi-disant Femmes du monde. Londres, imprimé pour W. Locke, no 12 Red Lion Street, Holborn. 1792[21].

[20] Loué est pris ici dans le sens de loyer; c'est-à-dire, Pensionnats pris en location par de vieux messieurs.

[21] The Cherub; or Guardian of Female Innocence. Exposing the Arts of Boarding Schools; Hired Fortune-Tellers; Corrupt Milliners; and Apparent Ladies of Fashion, London: Printed for W. Docke. no 12 Red Lion Street, Holborn. 1792.