Christmant, amant d'une femme de monde quelconque, est surpris par le mari. Mais la maîtresse a le temps de s'échapper et serait bientôt hors d'atteinte si le modèle du peintre, Léo, n'avait, d'un signe imperceptible, indiqué au mari outragé la porte par laquelle avait disparu la fugitive.

«Cependant ce clin d'œil de trahison jeté par Léo, Christmant l'avait vu, lui aussi, et surpris au vol. Alors il saisit un fouet accroché à la muraille entre deux bébés japonais, et de toutes ses forces en cingla le visage du modèle. L'œil blessé horriblement sortit de son orbite, et les joues et la bouche déchirés ne furent plus qu'une plaie. Et furieuse, hurlant, toute sanglante, de longs filets de sang coulant sur sa gorge nue, tordant ses bras, la grande Léo eut encore un air de défi, et de son œil unique regardant Léopold Christmant avec l'expression d'une haine farouche:

—«Tant pis! je vous aimais! dit-elle.»

Dans le même ouvrage, un autre des contes La Bonne nous donne une scène différente. Il serait téméraire de ma part d'essayer d'analyser Banville. Je cite donc:

«En voyant la colère qui brillait dans les yeux de la grande femme, les visiteurs voulurent s'interposer mais les écartant d'un geste terrible, elle saisit Audren, et l'ayant mis sur son bras, comme lorsqu'il était enfant, le déculotta et lui donna le fouet. Le vicomte de Larmor hurlait de douleur; mais toujours Annan Goën le frappait de toutes ses forces, et acharnée à le châtier, elle ensanglantait sa main vengeresse dans la chair déchirée et meurtrie de ce mauvais gentilhomme.»

Rare tracts on flagellation.—Voici sept opuscules qu'il serait de coupable négligence d'omettre dans cette bibliographie.

Un érudit nommé Henry Thomas Buckle, né en Angleterre de parents fortunés, et mort à l'âge de trente-trois ans a laissé un certain nom dans la littérature anglaise. C'est l'auteur de l'Histoire de la civilisation en Angleterre (3 volumes) œuvre monumentale, restée inachevée par la mort de l'auteur, ouvrage renommé pour la clarté du style et la profonde philosophie qui s'en dégage. Parmi les sujets qui attirèrent l'attention de ce chercheur, vient s'ajouter celui qui se rapporte aux punitions corporelles. Du moins, on le dit, et je vois là l'explication de la réunion de son nom. Voici en effet le titre général des sept opuscules:

Rare Tracts: Reprinted from the original editions collected by the late Henry Thomas Buckle, author of «A History of Civilization in England» autrement dit: Traités rares sur la flagellation, réimprimés sur les éditions originales, réunis par feu Henry Thomas Buckle auteur de l'«Histoire de la civilisation en Angleterre».

On prétend que Thomas Buckle avait prêté ces opuscules en 1872, à un éditeur de Londres, nommé J. C. Hotten, qui les a publiés dans sa Bibliothèque dite du Progrès social, d'après les éditions originales collectionnées par Thomas Buckle. L'éditeur de l'édition originale, en 1777 était G. Peacock, et il est probable que Buckle se serait servi de ces opuscules pour un chapitre curieux et intéressant de son ouvrage sur la civilisation.

Les sept volumes de la réimpression sont très rares et valent de 250 à 300 francs. Ils sont formés en partie de révélations sur certaines dames du grand monde anglais, dames qui s'adonnaient beaucoup au sport tout particulier de la flagellation. Les noms sont peu déguisés.

Entre autres documents, on trouve un opéra-comique représenté sur une scène privée ainsi que des conférences fashionables qui, paraît-il, ont été faites avec accompagnement d'expériences pratiques! Ces volumes éclairent d'un jour nouveau les pratiques en usage au siècle dernier en Angleterre.