L'auteur a résolu ce problème avec beaucoup d'habileté. Ce volume n'a jamais été publié en français quoique l'original ait été écrit dans cette langue. Les acheteurs de cet ouvrage, s'ils supposent acquérir un bréviaire de piété, doivent être tristement déçus: l'auteur a choisi ses héroïnes et leur a assigné un rang hiérarchique dans la haute prêtrise de la galanterie.
Les actrices de ce petit drame sont des parvenues, de naissance et origines diverses.
L'assemblée à la Villa du Nid d'Amour est suffisamment hétéroclite: nous y trouvons la fille du faubourg, coudoyant la femme pervertie du commerçant honnête, à laquelle fait vis-à-vis la dame raisonnable et d'âge presque mûr qui donne de sages conseils à la jeune fille de bonne famille «folle de son corps», enfin toute l'assemblée s'incline devant la hautaine courtisane à la mode qui tout à l'heure criera, suppliera sous les cuisantes morsures de la verge. La principale scène de flagellation a lieu sur un yacht, en pleine Méditerranée. Ce yacht est commandé par un anglais de goûts bizarres, nommé Sir Ralph. A bord une nièce de ce dernier, une jeune femme d'admirable beauté du nom de miss Violet Stafford, maîtresse de Sir Ralph, et la courtisane dont j'ai parlé, formaient l'élément féminin qui devait entrer en scène.
Le premier sujet d'une castigation fut miss Violet, qui pour une peccadille commise un mois auparavant, fut fouettée sans pitié. La courtisane française avait assisté avec grande surprise à la punition de sa jeune amie anglaise, et même essayé de dissuader les bourreaux de leur action infâme. Aussi, je laisse à penser l'indignation qu'elle ressentit lorsque son amant l'informa tranquillement que son tour était venu. Je cite son propre récit que l'auteur lui fait raconter à des amies:
«Je crus qu'il plaisantait et je me mis à rire. Mais lui se tenant debout, le fouet à la main me dit placidement:
«Allons, Nini, déshabillez-vous, la belle!
Comme je le regardais, hébétée, pétrifiée d'étonnement, il reprit criant presque:
«Allons… fais vite,» et au même instant son fouet s'abattait cinglant mes épaules.
«Je poussai un cri de douleur et de rage, et bondis comme une tigresse pour lui arracher le fouet: deux coups rapides me firent battre en retraite.
«Nous étions restés seuls. Je courus vers la porte; elle était fermée en dehors.
«Assassin! misérable lâche!» m'écriai-je éperdument; à chacune de mes exclamations, le fouet retombait sur mes épaules.
«Sir Ralph, d'une voix calme, me disait:
«Prends garde à la figure. Je ne voudrais pas te blesser.» Puis, il continuait, par saccades: «sois raisonnable… déshabille-toi, ou… j'emploie la force—Osez donc, misérable! criai-je de nouveau.»
Et la scène se continue entre amant et maîtresse jusqu'à l'intrusion de nouveaux témoins qui vont prêter appui à l'orgie sanguinaire qui va se dérouler.
Les détails qui accompagnent les descriptions m'empêchent de les citer.
C'est, je crois, le livre le plus érotique qu'il m'ait été donné de lire en anglais.
Théâtre des cruautés des hérétiques au XVIe siècle.—Reproduction du texte et des gravures de l'édition française de 1558. Publié sans doute à Londres, 96 pages.
Prison Characters drawn from life with suggestions for prison government. Female life in prison by F. W. Robinson[55].