[55] Caractères de la prison (en Angleterre); basé sur la vie, avec conseils au gouvernement des prisons. Vie des femmes en prison, par F. W. Robinson.

Deux illustrations, deux volumes, 736 pages.

Les duels par la flagellation.—Je viens de passer rapidement en revue les principaux ouvrages, où des auteurs talentueux ou nuls se sont efforcés de nous raconter par «des scènes vécues» (?) disaient-ils presque tous, que la flagellation fut, est, et sera toujours à l'ordre du jour, qu'elle fait partie intégrante de notre vie. Je suis loin de les approuver, considérant plutôt les malheureux adonnés à cette pratique comme des malades, et rien de plus. Cependant, il est des circonstances où le fouet ou le bâton ont joué un rôle prépondérant. Je me souviens avoir lu dans les journaux américains, il y a quelques semaines à peine, que deux habitants du pays, qui s'étaient voués une haine mortelle, dont la jalousie était la base (cherchez la femme) ont trouvé un ingénieux moyen de mettre fin au conflit qui les séparait. Attachés tous deux solidement à deux arbres vis-à-vis, n'ayant que la main droite de libre, et cette main armée d'un gourdin, ils se sont administrés réciproquement une telle volée de coups, qu'il est plus que probable qu'ils ont trouvé dans la mort l'unité qu'ils n'avaient pu avoir de leur vivant. Voilà un duel, qui, je crois, ne sera pas goûté de sitôt dans la vieille Europe. Mais en Amérique…

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Le Journal illustré, dans son numéro du 4 mars 1900 donne en première page une gravure représentant un duel au fouet entre deux charretiers, duel qui se termina tragiquement, l'un des deux combattants ayant eu l'œil crevé.

Voici les faits tels que les a relatés le Petit Journal:

«Deux charretiers, Georges Falga et Emmanuel Ricci, âgés vingt-trois ans et vingt-six ans, vivaient en paix… lorsqu'à La Garenne-Colombes, où ils demeurent, ils firent la connaissance d'une fort jolie fille dont ils s'éprirent éperdument et que tous deux désiraient épouser. Falga, plus heureux que son rival, ayant obtenu, avec le consentement du père, celui de la jeune personne qui ne voulait pas de Ricci parce qu'il est Italien, s'empressa de faire part à ce dernier du résultat de sa démarche.

Furieux d'être ainsi évincé, l'Italien jura de se venger.

Hier matin, vers six heures, comme les deux rivaux, avant de se rendre à leur travail, prenaient leur repas dans un débit de la Garenne, une violente discussion s'éleva entre eux, à propos du prochain mariage de Falga, et de grossières invectives furent échangées. Ils allaient en venir aux mains, lorsque d'autres charretiers, témoins de la scène, s'interposèrent et proposèrent aux deux hommes d'aller vider leur querelle dans un duel en champ clos.

L'arme choisie serait le fouet dont chacun d'eux était armé. Les conditions de ce singulier duel réglées, Falga et Ricci, suivis de leurs témoins allèrent se placer dans un terrain situé à quelque distance du débit.

Mis en face l'un de l'autre, chacun tenant son arme, les combattants, qui, au préalable s'étaient dévêtus jusqu'à la ceinture, attendirent le signal et se mirent immédiatement à se cingler consciencieusement le visage et le torse de terribles coups de fouet.

D'énormes zébrures, laissant échapper le sang, ne tardèrent pas à apparaître sur la peau des deux adversaires, qui redoublant d'ardeur, se frappaient comme des sourds. Le combat durait depuis quelques minutes, lorsque tout à coup, Ricci poussa un cri terrible et chancela. Le fouet de son rival venait de lui atteindre l'œil.»

Les corrections conjugales et les littérateurs, anciens et modernes.—Cette grave question: Doit-on ou ne doit-on pas battre sa femme? a fait couler des flots d'encre à pas mal de littérateurs.

Il est bien un vieux proverbe qui dit «qu'il est permis de battre sa femme, mais qu'il ne faut pas l'assommer», et comme il est universellement reconnu que les proverbes sont la sagesse des nations, nous devons prendre celui-là en bonne part.

«Battre sa femme, dit M. Esquiros, est un usage fort ancien dans le monde et notamment en France… Toutes les sociétés commencent, comme l'humanité, par l'état sauvage, lequel entraîne toujours l'emploi aveugle de la force. De vieilles cérémonies religieuses consacraient même cet usage en plusieurs provinces; le droit en était accordé au mari comme une franchise.»