Vers dix heures, il se leva, et, me prenant par la taille, essaya de m'entraîner. Je fis un dernier appel à sa pitié:

—Je vous en supplie, monsieur Randolph, épargnez-moi, lui dis-je en joignant les mains.

Sa figure changea brusquement et ses traits prirent une expression de colère qui m'effraya.

—Dolly, me répondit-il durement, n'insistez pas; vous savez ce que vous m'avez promis, et je suppose que c'est une affaire terminée.

—Oh! je vous en prie, rendez-moi ma parole. Vous savez bien que j'étais à demi folle de douleur lorsque je vous ai promis ce que vous me demandiez. Soyez généreux et laissez-moi partir…

—Écoutez, m'interrompit-il brusquement, tout ce que vous pourrez me dire est inutile. Vous êtes en mon pouvoir, à ma discrétion, et, certes, je ne vous rendrai pas votre parole. Si vous ne consentez pas à me suivre de plein gré, j'emploierai la force. M'avez-vous bien compris?

Ma dernière chance de salut s'évanouissait et ses menaces m'épouvantaient. Toute résistance devenait inutile et la soumission était obligatoire. C'est en sanglotant et baissant la tête que je murmurai:

—Je suis prête à vous suivre.

Oh! combien ces mots me coûtèrent. Randolph me prit le bras et me conduisit à ma chambre sans ajouter une parole.