Néanmoins, je n'éprouvai que du dégoût et mon aversion pour Randolph ne fit que d'augmenter.
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Je me réveillai le lendemain matin, courbaturée. Randolph, lui, donnait toujours profondément.
J'étais triste et découragée, et mes pensées n'étaient pas précisément gaies.
Après avoir longuement réfléchi sur mon affreuse situation, je crus que le mieux était de rester à Woodlands, pour quelque temps du moins, et de faire contre fortune bon cœur. Je résolus donc de tirer le meilleur parti de la situation.
J'en étais là de mes réflexions, lorsqu'on frappa à la porte: c'était Suzanne, l'une des femmes de chambre, qui apportait le thé. Elle plaça son plateau sur une table près du lit; elle me regardait sans la moindre expression d'étonnement ou de curiosité, mais je me sentis toute honteuse de me trouver couchée avec un homme en présence de cette fille, et je rougis malgré moi.
Elle mit un peu d'ordre dans ma chambre, ramassant mes vêtements que Randolph avait jetés à la volée par toute la pièce. Puis elle prépara le bain et se retira.
Je me levai, puis une fois habillée, je descendis dans le jardin, afin de m'asseoir dans un coin solitaire où je pusse réfléchir à mon aise.
Après tout ce que j'avais eu à subir, j'étais heureuse de me retrouver un instant seule; la sérénité du ciel, l'air frais du matin, le doux arôme des fleurs et le clair soleil qui montait à l'horizon, eurent pour effet de calmer un peu la surexcitation de mes nerfs. Je me sentais toute alanguie et je restai étendue à l'ombre jusqu'à l'heure du déjeuner.
Après le repas, Randolph s'éloigna et Dinah entra, m'apportant un panier de clés, en me demandant respectueusement mes ordres pour la journée. Je remarquai qu'elle ne m'appelait plus Mamzelle, mais Maîtresse.